Confessions joyeuses d’une maîtresse de Chantal Bauwens 

Chantal Bauwens a une dizaine de romans et autant d’essais à son actif.

Elle sait aussi bien traiter de l’autisme, de la maladie d’Alzheimer (Alzheimer, ma mère et moi), des sites de rencontres (Je drague sur le net et ça marche) que des déboires de vacances (Bonnes vacances… si c’est possible !)

Dans Confession joyeuses d’une maîtresse, Chantal partage avec nous les états d’âme de celle(s) qui, éternelle(s) « numéro deux« , attendent – bien sûr sans jamais vouloir (se) l’avouer – un prince charmant qui n’est jamais au rendez-vous.

Mais le talent de Chantal Bauwens réside en grande partie dans la manière d’évoquer ces situations qui – bien que parfois fort désagréables à la base – finissent par nous faire sourire voire éclater de rire.

Tout comme pour La légende de Popo d’Alex J.Uri  que j’évoquais la semaine dernière, je vous en offre un extrait histoire de vous mettre l’eau à la bouche et vous donner envie de vous plonger dans ces fameuses Confessions Joyeuses… évoquées par Chantal Bauwens. 

« Ce jeudi matin-là, après une nuit agitée par un rêve érotique d’un merveilleux amant dont je ne distinguais même pas les traits, je me suis levée presque en forme. Le temps de me déplier, de remettre mes articulations à leur place et de toucher mes orteils pour juger de la souplesse de mon corps plus tout jeune mais pas encore complètement ravagé, j’ai pris en zigzaguant, car l’esprit embrumé de jolies pensées, la direction de la cuisine […] Celle (NDLR. la journée ) qui commençait aurait un but précis : attendre la venue de mon nouvel amoureux en égrenant les heures puis les minutes et transformer l’appartement limite bazar (« C’est pas possible, comment tu peux vivre comme ça! » dixit ma mère ) en une chaumière plus qu’accueillante […] L’après-midi de ce jour J je me suis procuré SES chocolats préférés, un bon vin, […] j’ai rajouté à mes achats du gingembre pour le plat asiatique, des graines de cardamome pour le thé au lait, des bouchées aux crevettes nappées d’une sauce coco et curry … Je ne suis pas certaine que j’en ferais autant pour un mari en propre… »

Quelques pages plus loin, la dame est fin prête, épilée, parfumée et tout et tout … et vous, si vous voulez en savoir plus et connaître la suite – et même la fin – de l’histoire, il vous faudra vous rendre sur le site de Chantal Bauwens (ou votre libraire habituel) pour commander Confessions joyeuses d’une maîtresse.

La deuxième partie du livre, constituée de témoignages recueillis sur un site de drague est tout aussi rigolote. Je compte sur vos commentaires!

Infos pratiques :
Confessions Joyeuses d’une maîtresse 
Chantal Bauwens 
Editions La boîte à Pandore
ISBN 978-2-87557-158-8
Prix conseillé : 16,90€


La légende de Popo d’Alex J.Uri

Ah les vacances! Toujours propices à la découverte de romans palpitants…

La légende de Popo d’Alex J.Uri, vous plonge dans l’histoire de Paulinius, petit-fils d’esclaves mais par la même occasion, dans l’histoire de tout un peuple. 

Alex J.Uri possède ce talent inné des conteurs qui vous tiennent en haleine, vous assaillent de détails réalistes et vous entraînent dans ces histoires mi vraies – mi légendaires qui passionnent jusqu’à la dernière ligne.

Les écrivains caribéens ont souvent cette plume caractérisée par ce souci du détail qui, sans tomber dans un exotisme fade de carte postale, donne l’illusion de se sentir là-bas, plongé dans cet univers foisonnant de couleurs et de senteurs à la manière des auteurs de ces pays voisins d’Amérique du Sud, ces fameux représentants du réalisme magique dont Gabriel Garcia Marques, Mario Vargas Llosa ou Isabel Allende sont les principaux représentants.

Je pourrais évidemment vous résumer l’histoire mais La légende de Popo fait partie de ces romans qui ne se limitent pas à un simple résumé. Il serait en effet tellement dommage de vous priver des talents d’écrivain d’Alex J.Uri qui choisit avec précision (et délectation j’imagine) chacun des mots qu’il emploie.

J’ai donc pris le parti, afin de partager le plaisir que j’ai eu à lire ce roman, de vous en dévoiler un extrait:

« La lune passa sous un nuage. Les lucioles s’excitèrent dans un ballet intermittent. Les criquets et grenouilles s’éclipsèrent. Les feuilles du cocotier s’immobilisèrent. Un rat, hébété par un tel silence, laissa tomber la graine de café qu’il grignotait et renonça à dévorer la pulpe de cerise qu’il s’apprêtait à engloutir. Le volcan ravala son crachat foudroyant. 

Un crucifix géant émergea de la plaine. Les gens de Zhabitants, blancs et nègres, que Dieu a faits égaux, avaient les yeux braqués vers une mer insondable. Soudain un bruit extraterrestre déchira l’atmosphère. De mémoire d’Arawak, la rivière du Plessis n’avait jamais entendu cela. Les habitants, descendants d’esclaves, ne s’y trompèrent pas. C’était à coup sûr un mauvais présage. Les fils de colons, pris de panique, pensèrent à la malédiction des esclaves torturés et tués par leurs pères […] Non loin de là assis sous un manguier, un vieil homme longiligne d’un noir d’ébène, la tête et la barbe blanches, laissa échapper quelques volutes de fumée de sa pipe. Il avait tant vu, tant entendu, tant souffert. Ce bruit-là le renvoya à Ouidah, au royaume du Dahomey… »  Extrait de La légende de Popo d’Alex J.Uri pp.22-23

À propos de l’auteur…

Alex J.Uri est un journaliste et écrivain d’origine guadeloupéenne. Après ses études à l’École Supérieure de Journalisme de Lille, il poursuit son cursus à la Newhouse School of Public Communications de l’université de Syracuse dans l’état de New York.

Envoyé spécial permanent puis rédacteur en chef de RFO à Bruxelles auprès de l’Union européenne, Alex J.Uri – qui a vraiment plus d’un tour dans son sac puisqu’ il est Co-auteur de Musiques et musiciens de la Guadeloupe (paru aux Éditions l’Harmattan en 1991) – est actuellement rédacteur en chef à la direction de l’information régionale au siège de France Télévisions.

Il est également l’auteur du roman Alexander de Guadeloupe et Teresa de Trinidad publié en 2013

Infos pratiques 

La légende de Popo d’Alex J.Uri

Fortuna Editions 

ISBN: 978-2-87591-145-2

Prix conseillé : 15,90€

Un hiver à Paris de JP Blondel

Septembre 1984.

Victor est à Paris pour sa deuxième année de prépa. Il travaille beaucoup, a peu voire pas d’amis, la compétition est de toute façon cruelle. Un jour de cours comme un autre, dans la classe d’en face, on entend une insulte, une porte qui claque, quelques secondes de silence, un bruit mat, le hurlement de la bibliothécaire.

Matthieu a sauté….

J’ai dévoré ce roman de la première à la dernière ligne (comme la plupart de  ceux qu’écrit Jean Philippe Blondel) et j’ai même publié une chronique sur Femmes références pour faire partager mon plaisir aux lectrices.

Si ça vous dit d’aller voir, vous pourrez même me laisser un commentaire sur le site,  je serai ravie.

Des bisous …

Maryse Condé, La vie scélérate

« Tu me crois un nègre sans sentiments… avec une roche dans la poitrine, hein? C’est que quand j’avais ton âge, j’attendais des choses que cette «femme folle» de la vie ne m’a jamais données. Tu vois, elle m’a arraché la deuxième prunelle de mes yeux. Heureusement il y a la mort qui comble… » 

Extrait de La Vie scélérate

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Tant de chiens, dernier roman de Boris Quercia

« Plusieurs pistolets-mitrailleurs nous tirent dessus et les balles ricochent de partout, je suis planqué dans un cagibi où sont entreposées des bouteilles de gaz et les balles me sifflent aux oreilles […] 

Jiménez est à deux mètres de là, une balle lui a traversé la cuisse et il se tord par terre.Du dehors, on lui crie de ne pas bouger mais Jiménez est fou de douleur.
On est dans la cour d’une maison de San Luis, à Quilicura. Dès qu’on a défoncé la porte, on a été surpris par les rafales ; il n’y a que Jiménez et moi qui avons pu entrer. Comme il est passé le premier, son corps m’a servi de bouclier. Je n’ai pas eu d’autre choix que de me jeter dans cet abri, mais si une balle touche une bonbonne, je vais être réduit en bouillie. […] les types du gang lâchent les chiens. Des rottweilers, des diables noirs qui bavent et grognent férocement.
Ils se précipitent sur Jiménez, droit à la gorge […]« 
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