La légende de Popo d’Alex J.Uri

Ah les vacances! Toujours propices à la découverte de romans palpitants…

La légende de Popo d’Alex J.Uri, vous plonge dans l’histoire de Paulinius, petit-fils d’esclaves mais par la même occasion, dans l’histoire de tout un peuple. 

Alex J.Uri possède ce talent inné des conteurs qui vous tiennent en haleine, vous assaillent de détails réalistes et vous entraînent dans ces histoires mi vraies – mi légendaires qui passionnent jusqu’à la dernière ligne.

Les écrivains caribéens ont souvent cette plume caractérisée par ce souci du détail qui, sans tomber dans un exotisme fade de carte postale, donne l’illusion de se sentir là-bas, plongé dans cet univers foisonnant de couleurs et de senteurs à la manière des auteurs de ces pays voisins d’Amérique du Sud, ces fameux représentants du réalisme magique dont Gabriel Garcia Marques, Mario Vargas Llosa ou Isabel Allende sont les principaux représentants.

Je pourrais évidemment vous résumer l’histoire mais La légende de Popo fait partie de ces romans qui ne se limitent pas à un simple résumé. Il serait en effet tellement dommage de vous priver des talents d’écrivain d’Alex J.Uri qui choisit avec précision (et délectation j’imagine) chacun des mots qu’il emploie.

J’ai donc pris le parti, afin de partager le plaisir que j’ai eu à lire ce roman, de vous en dévoiler un extrait:

« La lune passa sous un nuage. Les lucioles s’excitèrent dans un ballet intermittent. Les criquets et grenouilles s’éclipsèrent. Les feuilles du cocotier s’immobilisèrent. Un rat, hébété par un tel silence, laissa tomber la graine de café qu’il grignotait et renonça à dévorer la pulpe de cerise qu’il s’apprêtait à engloutir. Le volcan ravala son crachat foudroyant. 

Un crucifix géant émergea de la plaine. Les gens de Zhabitants, blancs et nègres, que Dieu a faits égaux, avaient les yeux braqués vers une mer insondable. Soudain un bruit extraterrestre déchira l’atmosphère. De mémoire d’Arawak, la rivière du Plessis n’avait jamais entendu cela. Les habitants, descendants d’esclaves, ne s’y trompèrent pas. C’était à coup sûr un mauvais présage. Les fils de colons, pris de panique, pensèrent à la malédiction des esclaves torturés et tués par leurs pères […] Non loin de là assis sous un manguier, un vieil homme longiligne d’un noir d’ébène, la tête et la barbe blanches, laissa échapper quelques volutes de fumée de sa pipe. Il avait tant vu, tant entendu, tant souffert. Ce bruit-là le renvoya à Ouidah, au royaume du Dahomey… »  Extrait de La légende de Popo d’Alex J.Uri pp.22-23

À propos de l’auteur…

Alex J.Uri est un journaliste et écrivain d’origine guadeloupéenne. Après ses études à l’École Supérieure de Journalisme de Lille, il poursuit son cursus à la Newhouse School of Public Communications de l’université de Syracuse dans l’état de New York.

Envoyé spécial permanent puis rédacteur en chef de RFO à Bruxelles auprès de l’Union européenne, Alex J.Uri – qui a vraiment plus d’un tour dans son sac puisqu’ il est Co-auteur de Musiques et musiciens de la Guadeloupe (paru aux Éditions l’Harmattan en 1991) – est actuellement rédacteur en chef à la direction de l’information régionale au siège de France Télévisions.

Il est également l’auteur du roman Alexander de Guadeloupe et Teresa de Trinidad publié en 2013

Infos pratiques 

La légende de Popo d’Alex J.Uri

Fortuna Editions 

ISBN: 978-2-87591-145-2

Prix conseillé : 15,90€

Sociologie et psychologie : Montesquieu et Idries Shah

« Nasrudin entra dans la maison de thé, déclamant:
– La lune est plus utile que le soleil.
– Et pourquoi donc, Mulla?
– Parce que c’est surtout quand il fait nuit que nous avons besoin de lumière. » Lire la suite

Laetitia Colombani lauréate du 40ème prix Relay des Voyageurs-Lecteurs

J’évoquais dans cet article la 40ème Edition du prix Relay des Voyageurs-Lecteurs et il est donc logique que je vous dévoile aujourd’hui le nom de la lauréate.  Lire la suite